Aéroports de la Côte d’Azur dévoile son programme pour parvenir en seulement 10 ans, à ne plus émettre de gaz à effet de serre

Publié le 15/01/2020 à 12:16 • Mis à jour le 11/02/2020 à 16:44

Engagé depuis plus de 15 ans dans une démarche volontaire de réduction de son empreinte environnementale, le premier groupe aéroportuaire français 100% neutre carbone a dévoilé son programme pour parvenir, avec 20 ans d’avance sur sa précédente annonce, à ne plus émettre un seul gramme de gaz à effet de serre, sans compensation. Il entend également jouer un rôle d’aiguillon pour l’ensemble de la filière aéronautique en proposant des mesures concrètes pour limiter l’impact du transport aérien. 

Le Groupe Aéroports de la Côte d’Azur annonce une série de mesures pour parvenir à réduire à néant les émissions de gaz à effet de serre des trois aéroports qu’il gère, Nice Côte d’Azur, Cannes Mandelieu et Golfe de Saint-Tropez. Ce programme prolonge les multiples engagements du Groupe et marque une nette accélération de son calendrier. En effet, s’il s’était engagé, en juin 2019 aux côtés de 192 aéroports européens, sur une échéance à horizon 2050, il vient de dévoiler les étapes nécessaires pour y parvenir en seulement 10 ans.

Benoit Piccard

Cette ambition a été saluée par le docteur Bertrand Piccard, fondateur et Président de la Fondation Solar Impulse, qui n’a pu faire le déplacement à Nice à l’occasion de la présentation du programme mais a tenu à délivrer un message de soutien bienveillant : « J’admire les sociétés qui se fixent spontanément des objectifs ambitieux. Devant la lenteur des négociations internationales, c’est en effet la meilleure façon d’avancer pour protéger l’environnement. De par son ambition à être Net Zéro Emission au plus tard en 2030, Aéroports de la Côte d’Azur devient un pionnier et un exemple à suivre dans le monde de l’aviation. Afin d’atteindre son but le plus rapidement possible, Aéroports de la Côte d’Azur va utiliser des solutions labellisées par la Fondation Solar Impulse. Un contrat vient d’ailleurs d’être signé avec l’une d’elle, Antismog ».

Un premier aéroport Net Zéro Emission dès 2020

En raison de leurs différentes spécificités, chacune des trois plateformes avancera à son rythme.
Ainsi, l’aéroport du Golfe de Saint-Tropez, neutre carbone depuis 2018, parviendra dès 2020 à ne plus émettre un seul gramme de gaz à effet de serre grâce à une nouvelle réduction de ses émissions et à l’installation de puits de carbone lui permettant d’absorber in situ les 23 tonnes eq. CO2 d’émissions résiduelles. Mieux, dès 2022, la poursuite de ces efforts permettra à la plateforme de devenir absorbeur net, de 2,5 tonnes eq. CO2 avant une montée en puissance jusqu’à 21 tonnes en 2034. Ainsi, l’aéroport prolongera sa contribution à la préservation de son territoire en absorbant les émissions des avions à l’approche, au roulage ou au décollage, étapes émissives du transport aérien ne rentrant pas dans le périmètre des émissions lui étant directement imputables.
L’aéroport de Cannes Mandelieu suivra la même trajectoire avec cinq étapes de réduction des émissions jusqu’en 2030, année d’atteinte de l’objectif de zéro émission. Ensuite, à partir de 2034, la plateforme pourra même absorber un minimum de 14 tonnes éq. CO2 par an.

Le deuxième aéroport de France, non émissif en 10 ans

L’aéroport Nice Côte d’Azur relève pour sa part un challenge encore plus important. Avec un trafic passagers en croissance constante chaque année, il est le deuxième aéroport de France derrière le hub de Paris et ouvre chaque année de nouvelles lignes, courts, moyens et longs courriers. Premier aéroport de France à avoir atteint la neutralité carbone, en 2016, il a déjà réussi à réduire de 80% ses émissions de gaz à effet de serre en 10 ans. « Aujourd’hui, un passager qui transite par nos terminaux représente à peine 100 grammes de CO2, c’est 92% de moins que dans la moyenne des aéroports européens et un record autant qu’une incitation à faire encore mieux. Ces derniers grammes sont les plus difficiles à supprimer car ils nous confrontent à des barrières techniques ou technologiques, que nous allons lever pour atteindre l’objectif de ne plus émettre un seul gramme en seulement 10 ans », explique Isabelle Vandrot, chef du département Développement durable et Environnement d’Aéroports de la Côte d’Azur.

Dans le détail, l’aéroport aura réduit de 83% ses émissions en 2020 grâce à l’électrification de 80% de ses véhicules de service, puis de 86% en 2021 par la suppression du gaz dans son terminal Fret et son pôle Technique. La suppression progressive du gaz dans l’ensemble des bâtiments, le développement de surfaces photovoltaïques ou la décarbonation des engins spéciaux lui permettront de parvenir à son objectif de ne plus émettre de gaz à effet de serre en 2030. Mieux, dès 2034, grâce à des puits de carbone, l’aéroport deviendra un absorbeur du CO2 émis par les avions s’y posant, prolongeant ainsi ses efforts au-delà de son seul périmètre.

Engager largement tout le secteur du transport aérien

Car c’est tout l’enjeu que souhaite adresser le Groupe. « Agir à notre niveau pour réduire à zéro notre empreinte environnementale n’a de sens que si les émissions sont réduites sur toute la chaîne. Et une étape importante est la réduction des émissions lors des phases d’approche, de roulage et de décollage. C’est ce que l’on appelle le cycle LTO », justifie Dominique Thillaud, président du Directoire d’Aéroports de la Côte d’Azur. « Sur Nice, ce cycle représente 10,75 kg de CO2 par passager. C’est le bilan carbone d’une seule mangue d’origine tropicale par exemple (source : Ademe FoodGES ). Il a baissé de 20% au cours des cinq dernières années alors que nous avons accueilli 2,5% d’avions de plus dans le même temps. Cela signifie qu’il est possible d’avoir à la fois de la croissance de trafic et de la décroissance d’émission. C’est encourageant et nous voulons aller plus loin, plus vite. »

Pour cela, le Groupe a présenté une série de mesures, concrètes, immédiatement applicables, permettant de diminuer l’impact environnemental du secteur aérien.

D’une part, pour l’ensemble des aéroports :

  • Généraliser des passerelles 400Hz qui fournissent en électricité les avions au stationnement, leur permettant de faire fonctionner les appareils de bord sans utiliser les moteurs auxiliaires, particulièrement émissifs et bruyants ;
  • Généraliser des pop-out, bornes d’approvisionnement en électricité pour les avions ne stationnant pas en passerelle ;
  • Basculer leur flotte de véhicules en 100% électrique ;
  • Signer des contrats de fourniture d’électricité garantie verte et d’origine française ;
  • Soutenir la création et le développement d’une offre de mobilité douce pour connecter l’aéroport à son territoire ;
  • Anticiper l’arrivée sur le marché d’une offre de Sustainable Aviation Fuel ;
  • S’engager dans la démarche Airport Carbon Accreditation pour parvenir à la neutralité carbone ;
  • Prolonger cette démarche en parvenant à ne plus émettre de GES d’ici 2050.

« Notre démarche, aussi vertueuse qu’elle puisse sembler, n’est finalement qu’une évidente application du principe de bon sens. Sur Nice, notre électricité est verte et alimentent toutes nos passerelles et pop-out, nous avons financé l’arrivée du tramway sur nos terminaux et mis en service des navettes passagers 100% électriques. Nous sommes neutres depuis 2016 et seront au rendez-vous de 2030 », indique Dominique Thillaud.

D’autre part pour les compagnies aériennes.

  • Systématiser la procédure de roulage avec un seul moteur (Single Engine Taxi Procedure), qui permet de diviser par deux les émissions en phase de roulage ;
  • Promouvoir le Sustainable Aviation Fuel ;
  • Passer d’une logique de compétitivité économique à une logique de compétitivité écologique, grâce à la mise en œuvre, sous l’égide de l’Etat, de deux mesures.

Impulsion étatique :

  • Moduler l’ « éco »-contribution, qui taxe les billets d’avion au départ ou à l’arrivée d’aéroports français, privilégiant les aéroports ayant déjà atteints la neutralité carbone, dans une fourchette comprise entre 10% et 50%. Cela représenterait un critère de compétitivité écologique pour les compagnies et fonctionnerait comme un aiguillon pour les aéroports n’ayant pas encore atteint cette neutralité carbone. Les passagers et les territoires en seraient les immédiats bénéficiaires.
  • Moduler de manière volontariste des redevances aéroportuaires en fonction de l’empreinte environnementale effective de chaque type d’avion. Ainsi, les compagnies seraient davantage incitées à renouveler leurs flottes et à investir dans des appareils tels que l’A321neo qui consomme en moyenne 1.9 litres de kérosène aux 100 km par passager. On passerait ainsi du punitif à l’incitatif, de la ponction à l’action.

« Ces deux leviers sont là, devant nous, et adossés à des réalités : des gammes d’avions disponibles qui s’inscrivent dans une trajectoire de performance énergétique se rapprochant de celle des voitures hybrides ; des aéroports, comme Nice qui figure parmi les plus fréquentés d’Europe tout en ayant su réduire de plus de 80% ses émissions de gaz à effet de serre et atteindre la neutralité carbone. La logique de compétitivité écologique, c’est une nouvelle vision de l’économie du secteur aérien au service de l’accélération de sa R&D et de la préservation des Territoires », conclue Dominique Thillaud.

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